L’événement a rassemblé des décideurs politiques, des cliniciens, des économistes de la santé, des représentants de l’industrie et des patients pour un échange approfondi sur le rôle des critères de jugement dans la pratique clinique, les décisions de remboursement et la prise de décision partagée.
Après un lunch d’accueil, l’après-midi s’est ouverte par une keynote du Prof. Dr. Ahmad Awada (CHIREC Cancer Institute). Il a mis en évidence l’écart croissant entre les critères traditionnels des essais cliniques et la réalité de l’oncologie moderne. Selon lui, des critères cliniquement pertinents doivent aller au-delà de la seule significativité statistique et refléter des résultats pertinents pour les patients, tels que la survie, la durabilité du contrôle de la maladie, la qualité de vie, la toxicité et les effets indésirables à long terme. Il a également souligné qu’il n’existe pas de standard unique, la pertinence dépendant du type de tumeur, du contexte thérapeutique, des besoins non couverts et de l’évolution de la société et des technologies.
La perspective des patients a été mise en lumière lors d’un fireside chat avec André Deschamps (Wij Ook vzw). Il a insisté sur l’importance, pour les patients, de comprendre les effets secondaires à court et à long terme ainsi que leur impact sur la qualité de vie avant de prendre une décision thérapeutique. En s’appuyant sur une enquête récente menée auprès de patients atteints de cancer de la prostate, il a montré qu’un haut niveau de décision partagée est associé à une moindre regret décisionnel et à une meilleure qualité de vie.
Un second fireside chat avec An Cloet (MSD Belgium) a abordé les défis liés à la génération de preuves en oncologie curative, notamment la disponibilité limitée de données de survie globale matures au moment des décisions réglementaires et de remboursement. Les échanges ont également mis en évidence la valeur potentielle de critères intermédiaires tels que la survie sans maladie, non seulement comme substituts de la survie globale, mais aussi comme indicateurs d’un temps sans maladie, d’une charge thérapeutique réduite et d’une meilleure réintégration sociale et professionnelle.
L’événement s’est conclu par une table ronde réunissant Pedro Facon (NIHDI/INAMI/RIZIV), Prof. Dr. Ahmad Awada, Patricia van Dijck (pharma.be) et Prof. Philippe Van Wilder (ULB School of Public Health). Le panel a examiné la manière dont les différents acteurs évaluent les critères de jugement en oncologie curative, l’importance du bénéfice absolu des traitements et les conditions dans lesquelles la qualité de vie et les résultats rapportés par les patients peuvent réellement éclairer les décisions. Des pistes concrètes ont également été discutées pour améliorer l’alignement entre les données cliniques, les attentes des payeurs et les besoins des patients en Belgique.
Les échanges ont confirmé que les critères de jugement ne sont pas de simples paramètres techniques, mais des leviers essentiels pour les décisions cliniques, les considérations éthiques et l’utilisation efficiente des ressources de santé. L’événement s’est conclu par un appel à renforcer la collaboration autour de critères cliniquement pertinents, au service d’une prise en charge du cancer plus centrée sur le patient et durable en Belgique.